Vous avez remarqué ces petites phrases bizarres qu’on met entre crochets, qui décrivent les gifs qu’on utilise sur Twitter ? Hé oui, elle sont là pour permettre aux personnes non-voyantes de profiter de cette petite touche d’humour dont on aime truffer nos tweets ! Tout comme vous !

On dit souvent « Internet c’est formidable pour les personnes handicapées » et c’est globalement vrai, mais c’est oublier qu’un handicap n’est pas toujours moteur. Pour les personnes non-voyantes en particulier, internet est encore presque aussi inaccessible que le métro parisien.

Mais les personnes malvoyantes et aveugles ne sont pas les seules à rencontrer des difficultés pour naviguer ! Les personnes dyslexiques, dyspraxiques, avec des troubles de l’attention, sourdes ou avec une déficience mentale ont aussi besoin d’un net simple d’accès !

Vous êtes vous déjà demandé comment les personnes aveugles et mal-voyantes utilisaient un ordinateur, et plus précisément internet ? 🤔 Il existe différents outils comme des lecteurs d’écran, claviers spécifiques et tablette en braille. Mais pour que ces outils fonctionnent correctement, il faudrait déjà qu’internet ne leur tende pas de piège !

En théorie, le web est conçu pour fonctionner pour tous les internautes, quel que soit leur matériel, logiciel, langue, ou capacités.
Cependant, lorsqu’un site web, une technologie ou un outil est mal conçu, il peut créer des barrières empêchant des personnes d’utiliser le web.

Vous allez dire, tout ça c’est bien beau, mais qu’est-ce qu’on vient faire là dedans ?! Et bien il existe de nombreuses manières, pour les internautes, de contribuer à rendre le web un peu plus accessible sans connaissances techniques pointues !

Si vous tenez un blog WordPress par exemple, beaucoup d’outils et d’aides sont à votre disposition pour vous aider à rendre votre contenu plus accessible (voir le guide d’accessibilité pour WordPress).

Et même si vous êtes simplement utilisateur·ice de réseaux sociaux et autres forums, quelques uns de ces conseils vous aideront aussi à communiquer de manière accessible, alors soyez attentifs !

Les liens. Quand vous introduisez un lien (URL) dans un texte, il faut que la personne sache sur quoi elle va cliquer ! Dans la phrase « pour voir cette vidéo de chat cliquez ici », c’est sur « vidéo de chat » qu’il est pertinent de placer le lien.

Les images. En gros, si une image est purement décorative, vous n’avez pas besoin de la décrire. Mais dans tous les autres cas, il est recommandé d’indiquer de façon claire et concise ce que représente l’image que vous publiez. Sur Twitter, dans les paramètres > accessibilité, il y a une option « vision » qui permet d’activer la description des images. Update : cela fonctionne désormais aussi avec les GIF ! Hourra !

Les vidéos. Vous avez deux options. Soit vous réalisez une transcription textuelle (vous écrivez ce qu’il se passe à l’écran, ça sera lu par le lecteur), soit vous faites une audiodescription (avec sous-titrage pour malentendants). Voir aussi notre bonne résolution n°10.

Les contrastes. Si vous produisez des petits visuels (stories, etc.), sachez qu’il faut respecter un contraste suffisant entre la couleur du fond et le texte au 1er plan, pour que votre contenu soit lisible par tous. Des outils gratuits permettent de vérifier si le contraste est respecté, comme par exemple Contrast ratio.

Les textes. Pour une meilleure visibilité, veillez autant que possible à utiliser des polices simples et sans empattement (petites extensions qui terminent les extrémités des caractères), que ce soit pour publier un message dans un forum ou sur votre pseudo Twitter !

Les emojis. Les smileys ou emojis les plus courants sont normalement reconnus par la synthèse vocale, mais il faut éviter d’en abuser et d’en placer 15 à la suite ! Et si votre pseudo Twitter contient des emojis, imaginez un peu les difficultés pour suivre les échanges.

Ah, sachez aussi que les mèmes visuels et autres émoticones réalisés au clavier (cf. art ASCII sur Wikipedia) sont parfaitement illisibles et incompréhensibles pour les lecteurs d’écran des personnes non-voyantes !

Cette liste est loin d’être exhaustive, mais constitue une bonne entrée en matière. Si vous avez d’autres conseils à partager, on vous écoute !

Rendre internet complètement accessible est évidemment une tâche colossale, mais nos usages personnels ont un réel impact.

 

Quelques sources pour aller plus loin :